Politique municipale :
où sont les femmes?
Aux élections municipales de 1980, seulement 1,5 % des maires étaient des femmes alors que
les candidates québécoises remportaient un peu moins de 4 % des sièges de conseillers.
« Un quart de siècle plus tard, la représentation féminine s’est accrue considérablement au sein
de nos conseils municipaux mais nos politiciennes ne doivent pas jeter la serviette », explique
Mme Francine Blais, préfet de la MRC Le Granit. Elles sont loin d’occuper la moitié des postes
électifs. Pourtant, les femmes composent 51 % de la population québécoise.
Ainsi, en 2004, 11,6 % des municipalités québécoises étaient dirigées par des mairesses alors
que près de 25 % des conseils municipaux se composaient de femmes.
À quoi s’attendre pour 2005?
Malgré les progrès observés, pourquoi n’y a-t-il pas plus de femmes en politique municipale.
« Elles manquent de confiance en elles », affirme Francine Blais en entrevue à QUORUM.
« Quand on demande à une femme de se présenter, elle répond qu’elle n’est pas capable de
faire le travail », a-t-elle poursuivi, accusant les relents de la femme d’intérieur confinée à sa
cuisine pour élever ses enfants.
Doit-on s’attendre à mieux aux scrutins de novembre 2005? « À chaque élection, on ouvre des
portes et avec l’aide de divers organismes on encourage les femmes à se présenter », assure
Mme Blais, soulignant qu’en Estrie comme dans plusieurs régions, une candidate peut être
marrainée par une élue.
De son côté, l’ancienne mairesse de Saint-Augustin de Woburn -elle fut élue une première fois
en 1993- incite des femmes à se présenter chaque fois qu’elle en a l’occasion. « Attention, elles
doivent avoir la capacité de remplir les mandats. Le but n’est pas de placer des femmes juste
pour placer des femmes », prévient celle qui fut la première femme élue préfet au suffrage
universel en 2002.
Pas la faute des hommes
Selon la politicienne, les hommes ne sont pas hostiles à la présence des femmes sur la scène
politique. « Ce n’est plus comme dans les années 1970-1980 quand on devait se battre pour
occuper des postes décisionnels. Moi, je connais des maires qui incitent des femmes à devenir
conseillères ou à leur succéder », plaide Mme Blais.
Bien que les hommes et les femmes se complètent, nos conseils municipaux s’enrichiraient
d’une meilleure représentation féminine. « On ne voit pas les choses du même oeil », a-t-elle
expliqué.
Mme Blais souhaite une plus grande présence féminine mais refuse les incitatifs. Allocations de
gardiennage pour élues monoparentales et autres avantages; elle ne mange pas de ce pain là.
« Si on veut être équitable, il ne faut pas oublier les pères monoparentaux », ajoute-t-elle,
affirmant qu’il faut cesser de marginaliser les femmes.
Source : QUORUM mars 2005
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